Green River
Le projet Green River est né d’une forme de sidération sauvage lorsqu’un véritable mur végétal s’est dressé devant moi un jour en déployant ses milliers de nuances du vert. Les branches des arbres centenaires s’emmêlaient aux ronces de plusieurs mètres qui interdisaient par moment le passage sur le chemin qui longeait la rivière. La Grande Maine se frayait la voie au milieu de cette forêt dense qui abritait de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères sauvages. Elle offrait les ressources à tout le vivant qui campait sur ses deux rives. En explorant chaque jour ses méandres, elle est devenue également pour moi une ressource naturelle qui nourrit mon imagination. Des matinées brumeuses aux nuits de pleine lune quand sa lumière argentée se reflète dans ses eaux, de l’été sec, quand son niveau baisse mettant à nu les racines des arbres qui s’abreuvent dans son lit, à l’automne, quand sous la pluie abondante la mousse recouvre d’un vert profond les roches apparentes qui bordent son cours, la rivière m’offre au fil des jours cette substance perceptible, quasi monochrome à laquelle ma photographie tente d’apporter une nouvelle matérialité.